Tu l'avais vu, un beau matin,
Au milieu du jardin d'enfants
Noir et brillant, fier et puissant
Avec son allure imposante
Tenu en laisse
L'air assuré, presque arrogant,
Il était très impressionnant
Avec tes petits yeux d'enfant
Dans la lumière étincelante
Tu l'admirais
Le dobermann
Ne mordait pas
Tu le savais
Tu le croisais régulièrement
Et tu l'étudiais à distance
Il se taisait, le plus souvent,
Ne faisait rien de bien méchant
Près de son maître
Dur de comprendre ce qu'il pensait
Derrière ses yeux intimidants
Jusqu'à ce qu'un jour sans crier gare
Tu découvres presque par hasard
Qu'il te fixait
Le dobermann
Ne mordait pas
Mais te flairait
Du fond de son regard étrange
Il t'avait observé longtemps
Analysé tes faits et gestes,
Repéré tes signes de faiblesse
Et d'imprudence
Peu à peu son air fascinant
Devint une aura oppressante
Tu n'en parlais pas, évidemment
Car tu savais ce qu'on dirait :
Que tu inventes
Le dobermann
Ne mordait pas
Mais te tuerait
Un matin d'hiver par beau temps
Au milieu du jardin d'enfants
Dans une lumière froide et blanche
Le dobermann échappera
A ta vigilance
Il bondira si soudainement
Dans une rage si violente
Que tu ne pourras pas réagir
Quand il t'arrachera à la vie
Dans un bain de sang
Le dobermann
Ne mordait pas
Mais te massacrera pourtant
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